La ForMidAbLe HiStOIre !

En 1992, à Grenoble, un imprimeur qui était peintre, désireux de vernir son exposition lilloise d’un brin musical, embrigada un prothésiste de la cuisine, chanteur de punk romantique qui n’avait rien contre la musique française. Chemin faisant, ils rencontrèrent un jeune accordéoniste de trois accords, un joueur de cuillères et un diplômé de l’école du cirque. L’esprit Barbarins prenait ses premières marques.
De Chalon en théâtre, de Pologne en paroles, le groupe devint collectif et grossit encore d’un compositeur flûtiste italien qui accompagnait des danseuses au piano, d’un étudiant, musicien à Saint-Petersbourg, et de quelques donzelles, féminisant cette atmosphère. La magie opérait : Dédé était routier, le caddie se changerait bien rapidement en un flambant autobus, les Rmistes en intermittents. Une pompe à essence leur offrit un batteur, un caniveau un caméraman sachant faire chanter les violons.
Le visuel devenait musical, le musical s’engageait : le show pouvait battre son plein.
D’un pas de mazurka élégant, nombreux sont venus, certains sont partis, sans coup sur la gueule, seulement comme le voyage moderne d’une tribu de rêveurs. Dans une valse étourdissante, certains se sont éloignés, sans départ, sans trouble dans les
Barbarins, avec seulement l’obsession de regarder le laid pour en montrer du beau, de dire la générosité d’offrir son charisme, ses talents, de mettre la rue sur la scène, de faire tourner  les roues, les têtes, les jupes… 

Les Barbarins Fourchus forment un collectif artistique atypique regroupant une quinzaine d’artistes d’horizons divers. Depuis 1992, ils proposent au public leur regard sur le monde, un regard riche de sa diversité, acide ou tendre, critique et provocateur, poétique ou violent au croisement des expressions artistiques : musique, théâtre, vidéo, cirque, arts plastiques...
Des années d’aventures faites de créations, de rencontres, de voyages, de concerts et de spectacles dans la rue, sous chapiteau avec des équipes de plus de quarante personnes, dans les théâtres, ou encore les bars, les écoles ou les prisons en France, en Europe, en Afrique…
Des années jalonnées également par la réalisation de films et de plusieurs disques, l’occupation active de divers espaces (Le Halage, Beauregard) et, de 1999 à 2011, la gestion du Théâtre 145 à Grenoble.
La compagnie se veut d’abord fédératrice d’idées, d’énergies selon un principe d’ouverture et d’échange. Au fil des ans, s’est développé un sens de l’accueil du public, de la confrontation, du partage et du travail en collectif.
Avec une volonté de proximité, de spectacle “total”, et le désir d’agir sur les imaginaires, plongeant le spectateur dans un univers poétique et baroque, à l’image du Boulevard du crime, sans qu’il puisse savoir quand ni où cela commence ni quand et comment cela va finir.
Très tôt, des activités parallèles aux spectacles se sont mises en place,
expositions de peintures et photos, restaurant associatif, projections de films, partage d’ateliers, lectures publiques ainsi que l’organisation de concerts ou de spectacles tous publics, dans les différents lieux occupés, avec l’idée de proposer un véritable univers où il est possible de discuter de ce que l’on vient de voir ou d’entendre autour d’un plat ou d’un verre.
Parce que cela n’est jamais fini et parce que c’est à cet endroit là que se fabrique le fameux “lien social” et parce que c’est encore là qu’est la vivacité, le débat, là où l’on invente l’avenir...
Ce sont aussi et surtout des rencontres artistiques, parce que nous nous nourrissons de cela et que nous grandissons au contact des autres.

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